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Businessman holding in hand glass of whisky

A l’approche des vacances et des soirées entre amis, la consommation abusive d’alcool va encore être un sujet brûlant confirmé par les récents événements autour de la Loi Evin.

Actuellement à l’échelle planétaire, l’usage abusif d’alcool entraîne chaque année 3,3 millions de décès, soit 5,9% des décès dans le monde (1).

L’alcool est d’ailleurs en France la première cause d’hospitalisation avec en moyenne 400 000 individus hospitalisés par an pour des comas éthyliques, des hépatites alcooliques, des cirrhoses ou encore des troubles psychiques dus à l’addiction. Ces hospitalisations auraient bondi de 30 % en trois ans et notamment chez les jeunes selon un rapport de la Société Française d’alcoologie (2).

L’alcool chez les jeunes, un problème qui inquiète

En 2014, l’enquête ESCAPAD révèle que l’alcool demeure de très loin la substance psychoactive la plus consommée chez les 17-25 ans. En effet, huit jeunes sur dix (67,6 % des filles et 76,2 % des garçons) déclarent consommer plusieurs fois de l’alcool sur une période de 30 jours (3).

Cette consommation provient essentiellement de phénomènes inquiétant comme la néknomination ou encore le binge-drinking. Cette « biture express » consiste en l’ingestion excessive d’alcool en un laps de temps très réduit (cinq verres pour les hommes et quatre verres pour les femmes en moins de deux heures). L’objectif est d’atteindre en un temps record l’ivresse et souvent grâce au mélange d’alcool fort et de boissons énergisantes pour « monter » plus vite.

Ces phénomènes touchant en particulier les jeunes âgés de 15 à 25 ans avec des risques graves pour leur santé ne risquent pas de se freiner avec les récents débats autour de la Loi Evin.

La loi Evin en recul ?

Relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme, la loi Evin a été votée le 10 janvier 1991 afin d’endiguer les problèmes relatif à la trop forte consommation d’alcool et de tabac. Concernant l’alcool, elle limite fortement le droit de faire de la publicité sur les boissons alcoolisées afin notamment de ne pas favoriser la consommation chez les jeunes. Par exemple, les spots télévisés pour des marques de boisson alcoolisés sont interdits et à la radio aux heures où il est possible que des enfants soient à l’écoute.

Mardi 16 juin dernier, un amendement de « rectification » présenté par le gouvernement assouplit la communication sur certains alcools. Ainsi ne relèveront pas de la publicité les contenus liés notamment « à une région de production » ou « au patrimoine culturel. Avec ce nouvel amendement, Claude Évin, fondateur de la loi Evin, ainsi que les associations contre l’alcoolisme dénoncent une défaite pour la santé.

claude evin / culture santé « La loi de 1991 interdisait la publicité pour l’alcool à la télévision, au cinéma et par voie d’affichage. C’est à nouveau autorisé pour les affiches depuis 1994, jusqu’où irons-nous ? » Claude Evin.

Nous sommes en droit de nous poser une question tout simple. Comment faire pour limiter une consommation excessive d’alcool si le matraquage publicitaire devient plus fort?

Limiter sa consommation, un combat au quotidien

Lorsque l’on sait que l’alcool peut entraîner de graves problèmes sur le court terme (coma éthylique, accidents de la circulation) comme sur le long terme (conséquences neurologiques, risques de dépendance), il faut se renseigner sur les différents moyens pour limiter sa consommation.

L’individu peut s’auto-réguler avec des techniques toutes simples au quotidien : lister les raisons et  les objectifs de sa décision, faire du sport ….

Pour les alcooliques plus avancé, les techniques classiques pour limiter sa consommation sont tous simplement d’être aidé par un spécialiste ou de s’inscrire à des groupes de soutien. Toutefois, il n’est pas toujours évident de faire cela en totale autonomie et sans accompagnement.

Le récent essor des applis santé apporte des solutions à l’autorégulation de la consommation d’alcool. Des applications spécialisées comme Stop Alcool disponible sur IOS ou encore des plateformes de prévention santé globale comme la startup OptiSantis propose d’accompagner ces personnes à limiter leurs addictions autour de l’alcool et retrouver un mode de vie plus sain.

L’alcool reste un problème récurrent de nos sociétés qui ne cesse de s’amplifier avec des phénomènes de jeu et de compétition. Le gouvernement va-t-il donc plus encadrer la consommation d’alcool ou adoucir les interdictions en vue d’une liberté d’action plus importante ? Affaire à suivre….


Sources
  • OMS (2014) « La consommation d’alcool dans le monde ».
  • Société Française d’alcoologie (2014) « Mésusage de l’alcool : dépistage, diagnostic et traitement ».
  • ESCAPAD (2014) « Enquete sur la santé et la consommation d’alcool à la journée de préparation d’appels à la défense ».
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